CONTRIBUTION DU COLLECTIF UGICT-CGT DES PERSONNELS DES SERVICES DE SANTE AU TRAVAIL POUR LA RESTAURATION DES MOYENS DE LA PROTECTION DE LA SANTE DES TRAVAILLEUSES ET DES TRAVAILLEURS AU TRAVAIL

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INTRODUCTION A LA CONTRIBUTION DU COLLECTIF

La France est la championne d’Europe des inégalités sociales de santé au travail. Les mandatures successives, dociles messagers du maître libéral, doivent absolument les dissimuler. Hélas une institution née du programme de la Résistance, que les professionnels qui l’exercent ont voulu prendre au sérieux, constituait un obstacle à ce programme de dissimulation. Ainsi, depuis 1970, le patronat met en place ses pions pour en finir avec la médecine du travail transformée en « santé au travail ». Ballotés de réforme en réforme, plus désastreuse l’une que l’autre, les professionnels de santé ne se précipitent pas pour exercer en santé au travail.


La loi El-Khomri et ce que préfigure le rapport Lecocq constituent le coup de grâce à l’institution, dont les moyens consacrés à la prévention primaire du point de vue exclusif de la santé des salarié-e-s sont détournés du côté de la gestion de la sécurité et dont les professionnels se consacreraient dorénavant à une gestion médicale de la main d’œuvre coupée du travail réel.
La suppression des CHSCT et de ce fait l’irruption de la question économique dans la prévention des risques professionnels et l’affaiblissement de la réalité du travail dans le débat complète l’invisibilité voulue sur les risques professionnels et leurs effets.
Comme si cela ne suffisait pas, l’entrisme libéral tant au Conseil d’Etat qu’à la Cour de Cassation conforte d’une part l’intimidation des médecins qui témoignent du lien santé-travail et réduit la prévention à des obligations formelles, lésant ainsi les victimes d’une juste réparation.
Notre présente contribution à la lutte se place sous le patronage de celles et ceux qui
rédigèrent en des temps obscurs, celui du nazisme triomphant, un programme d’espoir lumineux qui nous éclaire encore et qui affirmait : « les jours heureux reviendront ». Nous ne croyons pas que la déploration suffise à changer les choses. C’est pourquoi notre contribution qui repose sur des constats explicites et circonstanciés débouche sur des propositions concrètes.
Si, comme nous en sommes persuadé-e-s les jours heureux reviennent, ce programme à la fois de principe et de propositions concrètes sera immédiatement applicable.
Nous croyons en la liberté de ne pas perdre sa vie à la gagner, à l’égalité sociale de santé au travail. Comme professionnels de santé dont l’action est entièrement consacrée à l’aide de nos semblables et comme syndicalistes dont cela constitue le cœur de la militance, nous croyons que, loin de l’individualisme égoïste libéral, ce qui transformera le monde et le rendra vivable est la solidarité qui est la fraternité en action. C’est autour de ces principes que nous appelons à la résistance.

Manifeste collectif Personnel des SST